Qu'est-ce que la gravure sur métal ?
Il existe de nombreuses techniques d’impression sur plaque métallique, également appelée taille-douce. Le principe consiste à créer des marques dans une surface de métal, puis à encrer et essuyer la plaque : l’encre reste dans les creux et peut ensuite être transférée sur un support, généralement du papier, à l’aide d’une presse. Les deux grandes familles de techniques sont la gravure et l’eau-forte.
La gravure consiste à inciser directement le métal à l’aide d’un outil. Dans la gravure traditionnelle, les lignes sont taillées avec un burin, un outil de coupe manié à la main.
La pointe sèche, proche dans son principe, emploie une pointe acérée permettant un geste plus libre. L’eau-forte, quant à elle, utilise l’action corrosive de l’acide pour mordre le métal dans les zones destinées à être imprimées.
Gravure sur métal: le processus
Il existe deux grandes catégories de techniques de gravure sur métal. La première regroupe les méthodes d’incision directe, où l’artiste creuse la plaque manuellement à l’aide d’outils comme le burin ou la pointe sèche. Le métal est physiquement retiré pour former des lignes et des textures qui retiendront l’encre. Après l’incision, la plaque est encrée, puis essuyée de manière à ne conserver l’encre que dans les creux avant d’être imprimée sous presse.
La seconde catégorie est celle des techniques par corrosion, où l’image est créée grâce à l’action d’un acide ou d’un mordant. La plaque est recouverte d’un vernis protecteur, puis l’artiste dessine en retirant ce vernis pour exposer le métal. Lorsque la plaque est plongée dans le bain d’acide, seules les zones mises à nu sont creusées. Une fois la morsure terminée, on enlève le vernis, on encre la plaque et on procède à l’impression.
Ces deux familles offrent des approches complémentaires : l’une privilégie le geste direct et la précision de l’outil, l’autre la fluidité du dessin et la finesse de la morsure chimique.
Gravure par incision directe
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GRAVURE AU BURIN
La gravure au burin est l’une des techniques les plus anciennes et les plus exigeantes de la taille-douce. Elle repose sur l’usage d’un burin, un outil de coupe en acier à la pointe biseautée. L’artiste pousse l’outil dans le métal, retirant de petits copeaux et traçant des lignes d’une grande précision. Le geste doit être ferme et contrôlé, car le burin glisse dans la plaque selon l’inclinaison donnée par la main. Cette méthode permet d’obtenir des traits nets, des contours très clairs et des effets de lumière subtils grâce à la variation de profondeur et d’espacement des lignes. Une fois la plaque terminée, on l’encre, on essuie la surface pour ne laisser l’encre que dans les incisions, puis on imprime sous presse pour révéler une image d’une grande finesse.
POINTE SÈCHE
La pointe sèche est une technique d’incision plus libre, réalisée en griffant directement la surface métallique avec une aiguille d’acier très fine. Contrairement au burin, l’outil ne coupe pas net : il soulève un léger bourrelet de métal appelé barbelure. Lors de l’impression, cette barbelure retient l’encre et donne aux lignes un aspect velouté et profond, presque duveteux. Ce procédé confère aux images une grande spontanéité et une texture unique, très appréciée pour son expressivité. Cependant, la plaque s’use rapidement sous la pression de la presse, ce qui rend les tirages souvent limités.
MANIÈRE NOIRE
La manière noire, ou mezzotinte, est une technique singulière basée sur le principe inverse des autres gravures : on commence par rendre la plaque entièrement noire, puis on revient vers la lumière. L’artiste utilise un outil appelé berceau, dont la lame dentelée permet de hachurer la surface en milliers de micro-incisions. Une plaque entièrement passée au berceau produirait, à l’impression, un noir profond et velouté. L’artiste polit ensuite progressivement certaines zones pour qu’elles retiennent moins d’encre. Plus la surface est polie, plus la zone apparaîtra claire à l’impression. Cette technique offre des dégradés d’une grande douceur, des ombres intenses et une richesse de tonalités qui évoquent souvent l’esthétique des premiers tirages photographiques.
Gravure par corrosion (morsure à l’acide)
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EAU-FORTE
L’eau-forte consiste à recouvrir la plaque métallique d’un vernis protecteur, puis à dessiner directement dans ce vernis avec une pointe, comme si l’on dessinait au stylo sur une feuille. Les lignes tracées mettent le métal à nu, et la plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide qui vient creuser ces zones exposées. L’artiste peut contrôler la profondeur des lignes en ajustant le temps de morsure. Cette technique se rapproche du dessin traditionnel : elle permet des traits souples, une grande liberté gestuelle et une variété d’expressions allant du graphisme fin aux lignes plus mordantes. Une fois la morsure terminée, on enlève le vernis, on encre la plaque et on procède à l’impression.
AQUATINTE
L’aquatinte est une technique dérivée de l’eau-forte permettant de créer des plages de tonalités, comme dans un lavis ou une aquarelle. La plaque est saupoudrée de résine en grains, puis chauffée pour que chaque grain adhère au métal. Cette fine poussière forme une multitude de points qui protègent la surface. Lors du passage à l’acide, les espaces entre les grains se creusent et forment une texture de points plus ou moins serrés. En jouant avec les temps de morsure ou en protégeant certaines zones, l’artiste obtient des nuances allant du gris léger au noir profond. Après encrage et essuyage, l’impression révèle des dégradés doux et des effets atmosphériques très picturaux.
VERNIS MOU
Le vernis mou est une variante de l’eau-forte qui permet de reproduire des textures ou d’obtenir des lignes plus souples. La plaque est recouverte d’un vernis plus tendre que le vernis classique, capable de retenir l’empreinte d’un matériau. On peut poser un papier fin sur la plaque et dessiner par-dessus : le vernis adhère au papier dans les zones comprimées, se décolle du métal et laisse ces parties exposées à l’acide. Ce procédé permet de capturer des effets proches du crayon, du fusain ou même d’imprimer des textures réelles comme du tissu ou des feuilles. Le résultat est très organique, léger et expressif.
TOUS LES OUTILS POUR LA GRAVURE SUR METAL
Les artistes Gravure sur métal
CORINNE LEPEYTRE
L’artiste Corinne Lepeytre explore avec passion l'architecture, et en particulier celle de Paris.
Maîtrisant à la perfection la technique de l’aquatinte, elle capte les subtilités de la lumière et des textures pour révéler des aspects cachés de la cathédrale. Son travail nous invite à découvrir Paris sous un autre angle.
Pour réaliser ses œuvres, Corinne utilise l’encre Charbonnel, réputée pour sa qualité et sa profondeur. Ses gravures sur zinc en noir et blanc, sont réalisées avec soin, offrant des nuances délicates et des effets de lavis. Inspirée par des maîtres tels que Piranèse et Canaletto, elle crée des séries thématiques autour des détails architecturaux.
GUY BRAUN
Guy Braun est un artiste graveur dont le travail s’inscrit dans la tradition exigeante de la manière noire. Passionné par les jeux d’ombre et de lumière, il explore les subtilités de cette technique pour faire surgir des formes empreintes de silence, de profondeur et de mystère. À travers le patient travail du berceau, il sculpte la plaque jusqu’à atteindre une densité quasi tactile des noirs, contrastée par la finesse lumineuse des zones claires.
Ses œuvres témoignent d’une recherche constante d’équilibre entre rigueur technique et expression sensible. Le regard se perd dans les dégradés, glisse sur les textures, et s’attarde sur les détails révélés par la maîtrise de la matière. Ses sujets de prédilection sont le bestiaire et la nature.
MATTHIEU PERRAMANT
Formé à l’école Estienne, Matthieu Perramant poursuit son apprentissage au Québec dans l’atelier du taille-doucier Alain Piroir. De retour en France, il complète son parcours avec une licence professionnelle dédiée à l’entrepreneuriat dans les métiers d’art, tout en travaillant chez l’imprimeur d’art Éric Seydoux. Il retrouve ensuite la taille-douce grâce à une bourse de la Ville de Paris qui lui permet d’intégrer les Ateliers Moret, avant de rejoindre également l’atelier Rigal.
Depuis 2015, Matthieu Perramant codirige les Ateliers Moret .Parallèlement à son métier d’imprimeur d’art, il développe une pratique personnelle de gravure, d’abord abstraite puis progressivement tournée vers la figuration. Son travail, nourri par la photographie, explore les lieux marqués par les traces humaines, évoquant mémoire, passages, lutte intérieure et espoir.
MILA GOMEZ
Mila Gomez s’inspire principalement des jouets, de l’enfance, des monstres et de la culture populaire. Elle aime raconter des histoires à travers ses images, souvent denses et peuplées de créatures étranges, créant ainsi sa propre mythologie.
Son univers mêle icônes populaires, mythes, légendes, souvenirs personnels et simples dessins d’observation. C’est en assemblant sa grand-mère, Godzilla et des inconnus du métro que ce grand patchwork prend forme.
Elle affectionne particulièrement les techniques directes, comme la pointe sèche et la manière noire, qui permettent de donner vie à ses créatures et à ses récits avec une grande expressivité.
